07/11/2024
Comme à son habitude lorsqu’il y a un sinistre dans la Région de l’Ouest, une équipe de géologues du département des Sciences de La Terre de L’Université de Dschang à effectué une descente sur le site de la catastrophe afin de déceler les causes du phénomène et formuler des recommandations.
Ci-dessous leurs premières observations 👇🏾👇🏾👇🏾
“Nous avons fait la descente ce matin comme convenu. On peut déjà faire certaines observations.
1. Les fortes pluies qui ont affectées la région de l'ouest ces derniers temps ont saturé le manteau d'altération et la forte pente du massif rocheux n'a pas resisté.
En général, ce genre de phénomène se produit pendant les pluies. Dans le cas actuel, la pluie ayant cessé il y a environ 6 jours, le temps pour l'eau de s'évaporer et entraîner une contraction du sol a certainement causé de nombreuses fissures apparentes au sommet du massif. Ceux qui ont parcouru cet axe routier ces jours-ci ont vu de nombreuses chutes de blocs sur la route et le long du trajet. C'était des indices d'instabilité du massif à plusieurs endroits.
2. Des répliques vont se produire encore, parce que la nature cherche à retrouver son équilibre naturel. Il ne faudra donc pas se précipiter pour rétablir la circulation dans cet axe routier au risque de provoquer d'autres déséquilibres dans le site. Il n'est pas exclu que le fait d'avoir voulu rétablir la circulation après le premier éboulement à10h30 mn ait facilité le 2e écroulement plus important.
Des indices sont visibles sur le site comme l'apparition de nouvelles sources d'eau jailllissantes au pied. L'activité humaine a un très faible impact sur l'occurrence du phénomène. La grande épaisseur du manteau d'altération et la forte pente du massif ont bénéficié de l'apport d'eau pour se mettre mouvement.
3. Interdire la circulation des populations dans le site le temps de faire les études géotechniques des sols (épaisseur, cohésion, angle de frottement, stabilité des pentes,...) voir les reliefs qui ont un niveau de stabilité faible et évacuer. C'est un travail à grande échelle qu'il faudra entreprendre non seulement sur le site mais tout le long de l'escarpement de santchou. Ce n'est donc pas nécessaire de penser à la souffrance de la population et se précipiter dans ce travail. Il vaut mieux être vivant même si on va souffrir que de se précipiter et avoir des pertes humaines et matérielles. Un phénomène naturel reste un phénomène naturel. Des gens vont penser à la sorcellerie, faire des rites traditionnels mais il faut être attentif à la nature pour la dominer.”