01/06/2024
En cette année 2024, nous « fêtons » malheureusement les 20 ans de l’introduction du frelon asiatique en France.
Depuis son arrivée dans le Lot-et-Garonne à la faveur d’un transport de poteries chinoises, notre cher ennemi prospère, et se diffuse à raison d’une cinquantaine de km dans toutes les directions chaque année.
On le retrouve aujourd’hui dans la plupart des pays de l’Europe occidentale.
En 2023, nous avons connu la pire année de prédation sur l’ensemble du territoire.
Cela a conduit à une situation invivable pour nos abeilles, mais aussi pour les habitants qui désirent profiter de leur arbres fruitiers (les frelons en raffolent), ou qui taillent ou coupent un arbre ou une haie où serait perché un nid de frelons.
Au cours de l’été, il n’était pas rare de recenser plusieurs hospitalisations chaque semaine des suites de piqures de frelon asiatique. Au niveau national, on arrive à minima à une cinquantaine de décès directement imputables au frelon asiatique (choc allergique ou multiples piqûres).
Mais ce nombre pourrait être bien plus élevé car on peut regretter qu’aucune statistique officielle n’existe, les admissions à l’hôpital indiquant seulement « piqure d’hyménoptère » sans plus de détails.
Au printemps, entre avril et juin, il est possible de rencontrer des nids primaires, de la taille d’une orange, sous les toitures, abris de jardins, granges, etc.
Ensuite, les colonies se développent et créent des nids secondaires qu’elles installent généralement en hauteur (arbres, pylônes, toitures, etc…) avec des contraintes d’accès pour les éliminer.
L’enjeu est donc de trouver et détruire les nids primaires dès le printemps.
Si une plus grande partie de la population était sensibilisée à reconnaitre ces nids, la fin d’été serait beaucoup plus agréable pour tous les acteurs affectés par le frelon et surtout pour nos abeilles.
Cependant, une fois détectés, certains nids (non dérangeants pour les propriétaires) ne sont pas détruits, car un frein subsiste : le coût que représente leur destruction (généralement entre 90€ et 150€ selon les prestataires et selon l’emplacement du nid).
Si les collectivités prennent généralement en charge le coût de destruction des nids sur le domaine public, il n’en est pas toujours le cas pour le domaine privé.
Au vu des dégâts qu’occasionne un nid sur le voisinage dans un périmètre d’au moins 1,5 km, il apparaît logique que la destruction des nids ne devrait pas reposer sur les épaules des propriétaires privés, dans un souci d’intérêt public.
Certaines communautés de communes semblent être un niveau pertinent pour la mise au point d’un budget, en attendant que l’État se décide à agir, comme il l’a fait avec d’autres ravageurs exotiques.
Espérons que pour les 20 ans de l’arrivée du frelon asiatique en France, les pouvoirs publics se mobilisent concrètement pour lutter contre cet insecte problématique.
NGNF - 06.13.12.20.34