16/07/2020
En tant que géomètre-expert et chef d'entreprise, je suis parfois confronté à des situations de communication délicates.
Ces situations sont de deux types :
- celles où je suis partie prenante dans l'interaction. Je pense aux moments dans lesquels je suis en relation directe avec un un client, un fournisseur, les services de l'état, un partenaire financier ... ou aussi aux situations où j'interviens sur un chantier de génie civil ou de terrassement.
- celles où je serais plus « observateur » dans laquelle je ne suis pas partie prenante. Je pense ici à mes interventions en tant que géomètre-expert dans le cadre d'une procédure de bornage amiable. Cette opération, qui consiste à donner aux propriétaires riverains les éléments techniques et juridiques leur permettant de fixer la limite qu'ils ont en commun occasionne parfois des situations conflictuelles entre voisins. Je ne suis pas directement partie prenante, mais quand même pleinement concerné, souhaitant faire le maximum afin d'éviter un conflit entre riverains.
J'ai été amené a beaucoup réfléchir sur mon comportement afin de gérer au mieux ces différentes situations qui peuvent dégénérer si elles sont mal traitées et mal vécues.
L'appréhension de ces deux situations est différente.
Dans un premier temps, j'aborderai ici la situation dans laquelle je suis partie prenante, la deuxième situation fera l'objet d'un autre article ultérieurement.
Avant d'aborder ce type de relation interpersonnelle dans laquelle je suis directement impliqué, il est indispensable que je sois clair avec moi-même.
Quel est mon objectif ? Que suis je prêt à accepter ou non ?
Les réponses à ces deux questions doivent rester en moi tout au long de l'entretien.
Je me prépare aussi au fait que je ferai de mon mieux mais qu'il se peut que je ressente des émotions négatives. Par ailleurs, je ne suis pas à l'abri d'un faux pas ou d'un comportement inadapté de ma part.
L'erreur est humaine et comme l'a dit N. MANDELA, « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. »
Dans tous les cas, l'issue de l'entretien sera enrichissante.
Lorsque je commence mon rendez-vous, j'essaye de chasser tous les a priori et jugements qui vont me venir à l'esprit. Ces derniers, bien qu'humains sont les parasites des relations interpersonnelles.
Qui suis-je pour juger ?
Je n'oublie pas que mon interlocuteur aura une autre vision de la situation différente de la mienne. Il peut avoir des objectifs et des contraintes que je ne connais pas et qu'il n'a pas la possibilité de me communiquer. En outre, lui aussi ressentira ses propres émotions par rapport à moi, me jugera certainement aussi. J'accepte qu'il puisse m'apporter une réponse négative et que la situation puisse me faire ressentir des émotions désagréables. Quelles que soient ses intentions, je reste responsable de ce que je ressens. A moi de faire un travail sur moi si je me sens trop souvent mal dans certaines situations.
Différents types de relations
Lors d'un entretien, plusieurs types de relations peuvent se présenter et même s'entremêler :
- La relation « gagnant, gagnant » : nous communiquons tous les deux en adulte. Les jeux psychologiques sont peu présents et nous arriverons très certainement à trouver une solution acceptée par les deux parties.
- La relation « dominant ou manipulateur, soumis » : cette situation n'est pas agréable à gérer et pourtant existe. Mon interlocuteur cherchera de manière directe (autoritaire) ou détournée (manipulatrice) à m'imposer son point de vue et ses solutions.
Afin de gérer au mieux cette interaction, il est nécessaire de bien avoir en tête les réponses à mes deux premières questions « quel est mon objectif ? » et « que suis je prêt à accepter ? »
Cela me permettra d'éviter d'être déstabilisé par les émotions négatives que je vais ressentir.
Si le comportement de mon interlocuteur me parait acceptable, je poursuis l'interaction afin d'atteindre mon objectif.
En revanche, si son comportement devient vraiment contraire à ce que j'étais prêt à accepter, il est indispensable de recadrer et de ne pas hésiter à mettre un terme à l'interaction si nécessaire.
La troisième relation qui peut exister est celle dans laquelle je peux être le dominant ou la manipulateur qui cherche à soumettre l'interlocuteur. Cela me ramène à ma propre part d'ombre. Cette situation peut se produire sans que j'en ai inconscience ou en cas de mauvaises dispositions (stress, colère …).
Dans ce cas là, mon interlocuteur m'enverra des signes que j'ai le devoir de prendre en compte. Je dois me ressaisir et évacuer au plus vite ce trop plein négatif.
Personne n'aime se sentir dominé ou manipulé. Les conséquences de mon comportement peuvent être désastreuses si je n'agis pas le plus rapidement possible.
En conclusion et quelque soit la type d'interaction vécue, une réflexion à tête reposée est indispensable. Quelle a été mon attitude ? Qu'ai je ressenti ? Qu'a pu ressenti mon interlocuteur ?
Le retour d'une personne objective qui a pu nous observer sans être partie prenante est grandement bénéfique.
N'oublions pas dans tous les cas, le plus important est de faire de notre mieux.
Jean-Marie BONNAZ, géomètre-expert