23/04/2025
Il y a des lettres qui attendent dans le silence depuis trop longtemps.
En voici une.
Elle s’adresse à l’enfance. La mienne, peut-être la tienne.
Lettre à mon enfance
Je t’attendais avec tellement d’impatience, t’imaginant telle une folie douce …
Pleine de joie et de tendresse. Te voyant comme un nid douillet que l’on ne veut jamais quitter.
Espérant me sentir enveloppée par ton amour et ton attention …
Pensant que tu serais cette étape où l’on apprend la confiance, où l’on découvre l’insouciance et où l’on se laisse bercer par des vagues d’amour.
Tu n’as rien été de tout cela … Tu m’es apparue violente et inhumaine, me projetant dans un monde que je ne pensais même pas exister.
Ils ont fait de toi une histoire sombre et troublante où les méchants existent, pour de vrai...
Une histoire où l’enfant n’a pas de place, où il est nié ne trouvant grâce qu’en étant un objet.
Un jouet, qui pour survivre, devient une machine résistante aux chocs, aux coups et dotée d’une merveilleuse empathie et d’une capacité d’analyse profonde, pour mieux les servir.
Un être si proche et si loin de ce qui l’entoure, capable de presque tout comprendre, de ressentir pour les autres mais incapable d’être compris d’eux.
Je suis née différente, ai grandi autrement, vécu avec un regard extérieur, détaché et intime à la fois, et me voilà dans un monde qui n’appartient qu’à moi …
L’exceptionnel, dans son sens propre, est souvent envié mais n’a rien d’enviable, il cloisonne, rend difficile les échanges et fait de nous des êtres bien solitaires.
Mais derrière ces remparts de tristesse, la beauté de l’âme l’emporte sur la laideur de l’humain car la vie est merveilleuse et chaque instant mérite d’être pleinement vécu, un cadeau de tous les jours, une découverte perpétuelle, une richesse incommensurable …
A toi mon enfance, j’ai si souvent souhaité que tu eusses été différente mais tu n’y es pour rien, tu ne savais pas de quoi ils étaient capables.
Hannah Horway