24/10/2025
Ces dernières années, on constate une augmentation préoccupante de ce phénomène lié au 3ᵉ pont de Bamako. En tant que professionnels du domaine de la construction, nous nous sommes sentis concernés par ce phénomène et avons cherché à identifier des pistes de solution.
Au cours de nos recherches, nous avons constaté que ce type de drame n’est pas propre au Mali : partout dans le monde, certaines infrastructures deviennent malheureusement le théâtre de tragédies humaines. L’exemple le plus emblématique reste celui du Golden Gate Bridge aux États-Unis, longtemps considéré comme le pont le plus associé aux suicides au monde.
Cependant, plusieurs pays ont su mettre en place des mesures efficaces pour prévenir ce genre de situation. Parmi les solutions les plus pertinentes, on peut citer :
• L’installation de barrières anti-suicide et de filets de sécurité, empêchant les passages à l’acte ;
• Le renforcement de la présence policière et l’installation de caméras de surveillance permettant de détecter les comportements suspects et d’intervenir plus rapidement.
Bien d’autres dispositifs existent à travers le monde, mais ces solutions nous paraissent parmi les plus adaptées à notre contexte.
Remarquons qu’à chaque événement tragique en rapport avec le fleuve, nous faisons appel à nos compatriotes Bozo. Pourquoi ne pas valoriser leur savoir-faire ancestral en mettant en place des postes d’intervention rapide à des points stratégiques du fleuve ? Une telle initiative permettrait d’associer les communautés locales à la prévention et au sauvetage, tout en renforçant notre capacité de réaction face à ces situations d’urgence. Elles pourraient contribuer à faire en sorte que le 3ᵉ pont — et tout autre ouvrage conçu pour relier et faciliter la vie — ne devienne jamais un lieu de désespoir.
Des exemples internationaux montrent l’efficacité de ces mesures :
• Golden Gate Bridge (USA) : il a été remarqué une baisse d’environ 73% de cas tragiques après l’installation des filets en 2024
• Bloor Street Viaduct (Canada) : il a été remarqué une baisse de 100% de cas tragiques après l’installation des barrières
• Mapo Bridge (Corée du Sud) : il a été remarqué une baisse d’environ 29% des tentatives après l’installation des garde-corps.
Nous tenons également à rappeler que la santé mentale est une réalité bien présente, surtout en ces temps difficiles. Elle ne devrait en aucun cas être un sujet tabou dans notre société.
Il est essentiel de comprendre que parler de sa détresse n’est pas un signe de faiblesse, mais un pas courageux vers la guérison. Malgré les jugements et les préjugés, il est impératif de chercher de l’aide auprès des professionnels de la santé mentale et des structures spécialisées, afin que chacun puisse bénéficier du soutien nécessaire.