13/03/2026
CHAPITRE 4 – Le piège invisible
𝙇𝙚𝙨 𝙘𝙝𝙤𝙨𝙚𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙖𝙢é𝙡𝙞𝙤𝙧𝙚𝙣𝙩 𝙡𝙚 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙞𝙡...
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque je rentrai chez moi.
Mes pensées étaient un chaos organisé : le regard du flic, les messages de Jacques, le poids d’un passé qui ne voulait pas me lâcher.
Je montai les escaliers, le sac serré contre moi, et m’arrêtai devant ma porte. Quelque chose clochait.
Un léger grincement. Un souffle qui n’aurait jamais dû être là.
Mon cœur bondit.
— Qui est là ? murmurai-je.
Pas de réponse. Juste le silence.
Je sentis mon téléphone vibrer. Une notification. Encore Jacques.
Je sais que tu es là. Ouvre-moi.
Je restai figée. Ses mots n’étaient pas une demande. C’était un ordre déguisé. Une main invisible sur ma nuque.
Je pris une profonde inspiration, essayant de reprendre le contrôle.
Et alors que je pensais à toutes les issues possibles, je sentis une présence derrière moi.
— Aïcha, tout va bien ?
La voix était grave, calme, mesurée.
Mon corps se détendit presque malgré moi.
Il était là. Le flic. Toujours là, silencieux, imposant mais protecteur.
— Je… je… balbutiai-je.
Il fit un pas vers moi, levant les mains pour montrer qu’il ne me ferait pas de mal.
— Respirez. Dites-moi ce qui se passe.
Je sentis un frisson me parcourir alors qu’il s’approchait un peu, pas trop, juste assez pour qu’on sente la tension entre nous.
Il ne m’avait jamais semblé aussi proche que maintenant.
— C’est Jacques… dis-je enfin, la voix tremblante. Ses messages… il… il ne me laisse pas tranquille.
Il fronça légèrement les sourcils, le visage dur, mais pas fermé.
— Je m’en doutais. Il vous suit depuis longtemps ?
Je hochai la tête, incapable de parler davantage. Les larmes me montèrent. Pour la première fois depuis des mois, je me sentis vulnérable, exposée.
— Je vais m’occuper de ça, murmura-t-il. Vous n’êtes pas seule.
Le simple fait qu’il dise ces mots fit battre mon cœur plus vite. Non pas par peur, mais par quelque chose d’autre… quelque chose de plus profond, plus interdit.
Il m’accompagna à l’intérieur, vérifiant chaque coin, chaque bruit, comme si la maison était soudainement son terrain de jeu et qu’il veillait sur moi.
— Vous êtes en sécurité maintenant, dit-il doucement, et je le crus presque.
Mais même en sa présence, la menace de Jacques pesait.
Et pourtant, en sentant sa main frôler la mienne pour me guider vers le canapé, une chaleur m’envahit.
Un mélange confus de peur et de désir que je ne pouvais ni contrôler ni nier.
Comment pouvais-je déjà être tentée, alors qu’un danger réel m’enserrait le cœur ?
Cette nuit-là, je compris que la bataille ne serait pas seulement contre Jacques.
Elle serait aussi contre moi-même, contre ce que Merryl éveillait en moi, contre ce que je voulais ou ne voulais pas céder.
Et au fond de moi, je savais une chose :
Cette ligne que je croyais invisible entre lui et moi, je l’avais déjà franchie.
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