23/09/2025
𝐃𝐞 𝐥'𝐞𝐬𝐩𝐨𝐢𝐫 𝐞𝐬𝐭𝐮𝐝𝐢𝐚𝐧𝐭𝐢𝐧 𝐚̀ 𝐥'𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥'𝐈𝐀 : 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐝'𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
2010 : les rêves encore en bandoulière
Une nouvelle promo débarque à l’Université de Yaoundé II-SOA. Nous étions jeunes, beaux, brillants, et surtout bardés d’un baccalauréat qui faisait gonfler la poitrine des parents. On croyait que le monde nous attendait les bras ouverts.
À l’époque, le Cameroun vibrait d’un souffle nouveau : processus de démocratisation en marche, système LMD fraîchement appliqué… Bref, tout sentait la modernité, le progrès, la promesse d’un avenir bien emballé.
𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐬𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐯𝐢𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞
Les conseillers d’orientation nous vendaient du rêve comme des camelots au marché : « Les sciences politiques, c’est le futur ! » On nous parlait de nouveaux métiers, aux titres si ronflants qu’on se voyait déjà en costume-cravate dans les couloirs du pouvoir :
Assistant parlementaire (la classe, non ?)
Assistant des conseils régionaux (ça sentait l’importance administrative)
Consultant en relations publiques (traduction : savoir sourire en réunion)
Consultant en relations internationales (le must, on se voyait déjà à l’ONU)
Autant de titres qui sonnaient comme des billets d’avion pour la réussite.
Mais la réalité ? Disons que le vol a été annulé… sans remboursement.
𝐋𝐚 𝐜𝐡𝐮𝐭𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞
Après le master, après la soutenance (bien calibrée, applaudie par la famille), la plupart se sont heurtés à un mur : pas d’insertion, pas d’opportunité, rien.
Le beau rêve s’est transformé en pilule amère, coincée en travers de la gorge.
𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐪𝐮𝐢 ?
À l’État, incapable d’absorber ces nouvelles compétences ?
Aux étudiants, trop confiants dans un diplôme censé ouvrir toutes les portes ?
Aux parents, persuadés que « Science Po », c’était le ticket d’or ?
Les plus futés ont vite bifurqué, ajouté des diplômes professionnels, appris des compétences concrètes. Bref, ils ont survécu.
𝐋𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞
Mais soyons clairs : le problème est bien plus profond. La vraie question est la suivante : quelle formation choisir aujourd’hui, dans un monde où l’Intelligence Artificielle menace de piétiner la moitié des métiers ?
Parce que oui, pendant qu’on débat, l’IA ne fait pas de pause café. Elle automatise, réinvente, déplace les lignes. Le juriste, le communicant, le marketeur… tous sentent déjà la chaise vaciller sous eux.
𝐄𝐭 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 ?
La leçon de notre génération est simple : le diplôme ne suffit pas. L’avenir appartient à ceux qui savent rebondir, mélanger la théorie et la pratique, et surtout développer cette compétence rare : l’adaptabilité.
👉 Alors, chers amis : dans le Cameroun d’aujourd’hui, dites-moi sincèrement… quelles filières méritent encore qu’on s’y accroche, face à l’ombre grandissante de l’IA ?