15/07/2024
Irrémédiablement ma main grandit
À chaque phrase écrite mes doigts s’allongent
À force ils s’étirent, s’étirent, s’étirent
Ma tête me dit de ne surtout pas arrêter d’écrire
Elle me dit aussi que je ne trouverai jamais de gant pour la couvrir
Et c’est tant mieux
J’écris comme une tentacule dans une marée d’encre
J’écris des souvenirs liquides qui sortent du bout de mes ongles vers l’autre moi là-bas
ma main est assez grande pour recouvrir le ciel
d’une ombre gigantesque
qui lape le soleil rougi
illuminant du creux de ma paume
mes nuits, de pensées vagabondes
comme un feu grandissant dans mon cœur
qui explose
comme une évidente clarté dans mon esprit
qui se dessine
ma main se déplie loin vers des contrées sauvages
comme l’aile d’un oiseau qui s’envole vers un monde
de signes indéchiffrables
Toutes les lettres s'enfuient devant ma main immense
vers une porte infranchissable de signes
Elles s’agglutinent devant le seuil
Et se répandent en lignes de poèmes à construire
De rébus anonymes
Les lettes pêle-mêle articulent des mots
en sens d’aisance
Ils vont, viennent, s’assemblent en quadrilles
Sur une musique baroque rythmée par mes longs doigts
qui cherchent les cris du monde
des oubliés, des crasseux, des lépreux, des miséreux
pour aller au combat
des mensonges, des mots sales, méprisants , orduriés de tout genre.