02/04/2026
J’ai pris connaissance avec colère de la décision de l’Inspecteur d’académie de supprimer une classe à l’école Jean-Moulin pour la rentrée 2026.
Une telle décision reviendrait à trahir l’engagement pris par l’Éducation nationale en 2025 de ne pas fermer de classe pendant toute la durée du programme « territoire éducatif rural », en contrepartie de la fusion des écoles élémentaire et maternelle.
Sans cet engagement, affirmé lors de chacune des instances (conseil municipal, conseils d’école) et formalisé par un courrier des services de l’Inspection académique en date du 14 janvier 2025, la fusion n’aurait pas été approuvée. Je considère donc que nous sommes en droit d’attendre le respect de la parole donnée.
Par ailleurs, cette décision de fermeture de classe va à l’encontre de l’intérêt du territoire et des enfants.
Avec 158 enfants prévus à la rentrée, les effectifs sont équivalents à ceux de la rentrée 2020, au cours de laquelle nous avions obtenu l’ouverture d’une huitième classe.
Malgré une baisse substantielle due à la Tempête Alex, les écoles de la commune renouent aujourd’hui avec leurs effectifs antérieurs, ce qui constitue un symbole fort du redressement de notre territoire sinistré. À l’inverse, une fermeture de classe constituerait un signal négatif et enverrait un message désastreux aux habitants comme aux futurs habitants.
Le Gouvernement a indiqué qu’en zone rurale éloignée, l’effectif moyen par classe était de 19,5 élèves. Aujourd’hui à 19,75 élèves par classe en moyenne, notre école passerait, avec cette fermeture, à 22,5 élèves par classe, soit très au-dessus de la moyenne nationale. À noter que notre école compte environ 8 % d’enfants allophones et qu’elle accueille huit élèves en situation de handicap, sans qu’aucune classe spécialisée n’existe sur le territoire Roya/Bévéra.
Je rappelle également les efforts importants consentis par la Mairie ces dernières années : plus d’un million d’euros investis en 2018 pour rénover et agrandir l’école maternelle avec la création d’une salle de classe supplémentaire, et près de 2,5 millions d’euros actuellement engagés pour la rénovation du bâtiment de l’école élémentaire. Il serait vraiment regrettable que ces investissements perdent de leur sens ou de leur utilité avec cette décision de fermeture.
Cette décision aurait également des conséquences sur le personnel communal, en menaçant l’un des trois postes d’ATSEM que nous avons à Breil-sur-Roya, alors même que tous sont occupés par des professionnels de qualité qui vivent et travaillent sur le territoire.
Enfin, la création envisagée d’un poste UPE2A ne saurait rendre acceptable la fermeture d’une classe et ne permettra pas d’en atténuer les effets. En effet, depuis la fusion des deux écoles, l’organisation mise en place par le directeur de l’école permet à des enseignants de la maternelle de proposer, sur certains créneaux horaires, un accompagnement spécifique pour les enfants allophones. Ce poste, qui ne sera d’ailleurs pas entièrement affecté à Breil-sur-Roya, apparaît donc moins utile que le maintien de classes à effectifs réduits.
Par le passé, les représentants de l’Education Nationale dans les Alpes-Maritimes ont démontré leur volonté de soutenir nos territoires ruraux, notamment avec le moratoire mis en place à la suite de la Tempête Alex sur les fermetures de classes dans les vallées sinistrées.
Je demande donc solennellement que nos arguments sont entendus, que les promesses faites soient tenues et que l’ensemble des classes soient maintenues.
J’ai écrit officiellement en ce sens à Madame la Rectrice et à Monsieur l’Inspecteur d’académie.
Une mobilisation est organisée ce vendredi 3 avril 2026 à 8h devant l’école maternelle de Breil-sur-Roya à l’initiative de l’Association des Parents d’élèves.
Par ailleurs, la Mairie est déterminée à utiliser toutes les voies de recours à sa disposition pour empêcher cette fermeture.