16/06/2026
[Le mot du Président #8 : ECAP, défendre une inclusion réaliste, sans sacrifier la sécurité ni l'emploi]
La CPME, aux côtés du Medef et de l’U2P, défend le maintien des Emplois Exigeant des Conditions d’Aptitude Particulières (ECAP) dans leurs modalités actuelles.
Pourquoi ? Parce que l’inclusion professionnelle est une ambition que nous partageons tous. Mais elle doit tenir compte des réalités du terrain, de la sécurité des salariés et des contraintes propres à certains métiers.
Aujourd’hui, les ECAP concernent 36 catégories d’emplois pour lesquels les exigences de santé, de sécurité ou d’aptitude sont particulièrement élevées. Contrairement à certaines idées reçues, ils n’interdisent pas l’embauche de travailleurs en situation de handicap : 3,5 % des postes ECAP sont d’ailleurs occupés par des bénéficiaires de l’obligation d’emploi.
Les résultats sont là. Selon les dernières données de l’Agefiph, les personnes en situation de handicap représentent désormais 4,8 % des actifs occupés en France. Une progression encourageante qui témoigne des efforts engagés par les entreprises depuis plusieurs années.
Pour autant, le taux de chômage des personnes en situation de handicap demeure à 12 %, soit près du double de la moyenne nationale. C’est donc sur les véritables freins à l’emploi qu’il faut agir : accès à la formation, simplification des démarches RQTH, accompagnement des employeurs et meilleure coordination des acteurs de l’insertion.
Supprimer les ECAP ne créerait pas mécaniquement plus d’emplois. En revanche, cela pourrait entraîner une augmentation des contributions pour les entreprises, une hausse du coût du travail et davantage d’insécurité juridique, sans garantie d’amélioration concrète pour les personnes concernées.
Concilier inclusion, sécurité et performance économique n’est pas contradictoire : c’est la condition d’une politique durable et efficace au service de l’emploi.