02/02/2022
Ouverture prochainement des jardins du Giron à Bondonneau, dans la jolie commune de Chenevelles dans la Vienne. Mode de culture : permaculture[1] en Maraîchage sur Sol Vivant (le MSV).
L'objectif avec ce mode de culture est d'intervenir le moins possible au niveau du sol afin de préserver sa vie interne intacte, car elle est une aide précieuse pour notre activité de maraîchage. On aime dire que les vers de terre sont des travailleurs qui se mobilisent 24h/24h sans rien demander en échange, bon en réalité ce n'est pas tout à fait vrai, pour qu'il y ait des vers de terre, il faut amener de la matière organique pour que ces derniers viennent "travailler", on parle alors de nourrir la terre pour alimenter les plantes, et avec eux tout un lot de micros organismes: bactéries, champignons, collemboles, diptères, coléoptères, macro-arthropodes, enchytréides , acariens... tous ensemble, ils s'appliquent à transformer notre terre en un sol vivant, le fameux humus.
Le site de Bondonneau se prête parfaitement à la permaculture de par son ruisseau, le Giron, qui le traverse, la faune qu'il contient et sa topographie. J'ai la grande chance de j***r d'une parcelle de plusieurs hectares qui n'a jamais était cultivée en agriculture conventionnelle qui est une autre approche de l'agriculture, c'est carrément l'approche inverse . Cette agriculture conventionnelle productiviste n'a pas besoin d'une terre vivante puisque pour nourrir les plantes, elle fait appelle aux engrais minéraux (fertilisants génériques NPK entre autres) issus de l'industrie ( extractivisme[2] ). Malheureusement, cette agriculture conventionnelle basée sur de la monoculture est sujette à des attaques de ravageurs, une seule plante cultivée en grande quantité (sur plusieurs hectares voir dizaines d'hectares) est un restaurant de luxe pour la bête qui s'en nourrit, partageuse elle appellera ses copines pour un festin entre amies, et se reproduira car c'est un bel endroit pour s'installer avec le gîte et le couvert. L'agriculture conventionnelle a alors besoin d'utiliser des insecticides en préventif pour tuer ces ravageurs. Il en est de même pour les adventices (mauvaises herbes), l'agriculture conventionnelle pratique le labour (retourne la terre en tuant une grande partie de la vie du sol) et utilise les herbicides pour prévenir des "mauvaises herbes", sachant qu'en réalité les mauvaises herbes n'existent pas (explications dans une autre publie sûrement à venir 😉 ). Bref, en labourant, en utilisant pesticides et herbicides, l'agriculture conventionnelle à l'inverse de l'agriculture sur sol vivant s'applique à tuer tout ce qui est vivant dans le sol et produit des végétaux grâce à un apport d'intrants industriels issus de la pétrochimie (il est dit que pour produire et transporter cette alimentation industrielle, il faut 10 calories fossiles pour 1 calorie dans notre assiette). Nous devrions appeler cela de la "pétroculture" dans un paysage de nature morte (désolé je suis un peu dure aujourd'hui mais il faut dire ce qu'il en est et ne plus se mentir - je pense que le problème vient de l'industrialisation et du productivisme avec des fermes qui ne sont plus à taille humaine). Cette agriculture représente peut être entre 80% et 90% de notre alimentation, quand on sait que les ressources pétrochimiques et minérales vont se raréfier, la question qu'il convient alors de se poser est, cette agriculture conventionnelle productiviste est-elle résiliente et va t-elle pouvoir nous nourrir encore longtemps?
Pour ma part j'ai déjà répondu à la question , c'est non ! Je pense qu'on va bientôt avoir un gros problème en ce qui concerne notre alimentation avec la raréfaction des ressources, l'agriculture conventionnelle productiviste n'est pas résiliente et ne pourra plus nous nourrir dans un futur proche. Voilà pourquoi j'essaye de créer cette micro-ferme maraîchère, très peu mécanisée, et surtout en m'alliant avec la vie du sol en appliquant les techniques de maraîchage sur sol vivant entre autre, ceci afin d'être le plus autonome et afin de nourrir une population locale, la multiplication de ces micro-fermes et le maillage de ces dernières en créant des systèmes agraires solidaires seraient l'agriculture résiliente de demain qui pourrait nourrir toutes les populations de chaque pays à l'échelle locale.
Dans cet objectif, je crée donc un jardin sur lequel je compte faire des planches de maraîchage permanentes de 35m par 120cm de large, au total 11 planches dans un premier temps.
Je recherche actuellement, du fumier, de la paille bio ou du foin ou bien encore de la luzerne pour faire le paillage et nourrir mon sol. Je suis intéressé également par du carton ( sans colle, ni encre ) pour couvrir le sol avant de mettre le fumier et le paillage. Ce sera, là aussi, l'objet d'une prochaine publication pour plus de détails.
Bonne journée à vous toutes et tous et merci pour votre attention. En attendant, si vous souhaiter suivre Les Jardins du Giron de Bondonneau vous pouvez liker et partager notre page ;) Merci d'avance !!
[1] : La permaculture, contraction des termes « permanent » et « agriculture », est une forme d’agriculture qui s’inspire des cycles naturels et bannit totalement les pesticides et engrais chimiques. Cette pratique va plus loin que l’agriculture dite biologique (qui autorise par exemple l’utilisation de sulfate de cuivre pour traiter certaines plantes, ou tolère un faible pourcentage d’OGM dans ses productions).
En permaculture, l’idée directrice est d’observer la nature et tenter de reproduire, en intervenant le moins possible, ce qui s’y passe. Ainsi, on cherchera à améliorer le sol en y incorporant du compost fait à partir des déchets végétaux de l'exploitation. On sélectionnera des variétés anciennes de plantes, capable de mieux résister aux maladies, et l’on veillera à assurer un maximum de diversité biologique afin que le système se régule tout seul. L’idée est de se rapprocher du système d’une forêt, qui s’auto-entretient en permanence.
Enfin, le maraîchage en permaculture privilégiera les circuits de vente courts (avec le moins d’intermédiaires possible) et cherchera à mettre en valeur l’esthétique de l'exploitation, afin de vivre dans une atmosphère harmonieuse : la permaculture, c’est aussi la recherche de l’harmonie et de la qualité de vie !
Pour ce faire, nous devons :
- Observer les différentes parcelles pour tirer le meilleur parti possible de leurs spécificités : exposition, degré de pente, arbres déjà présents, nature du sol…
- Concevoir l’organisation de l’exploitation.
-Choisir et entretenir du matériel (peu coûteux, contrairement à celui de l’agriculture traditionnelle).
- Enrichir le sol par l’apport de compost, vers de terre, micro-organismes…
- Sélectionner les graines de plantes et assurer progressivement son autonomie en semences.
- Recycler les déchets.
- Pailler le sol.
- Mettre en place une rotation des cultures.
- Élever quelques animaux domestiques (poules et canards pour lutter contre les parasites, âne ou cheval pour porter des charges ou effectuer des travaux de débroussaillage...).
- Mettre en place un système pour écouler la production (distributeurs de proximité, restaurants, vente à la ferme, marchés…)
[2] : L’extractivisme est l’exploitation massive des ressources de la nature ou de la biosphère. La notion d'extractivisme est large et polysémique puisqu'elle désigne toutes les formes et tous les moyens d'exploitation industrielle de la nature.
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