06/12/2017
Joyeuse Saint-Nicolas !
Saint-Nicolas, le saint patron de la Lorraine, l'histoire et sa légende, entre christianisme et paganisme.
Histoire :
Saint-Nicolas ou Nicolas de Myre, né à Patara au sud-ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque de l'empire romain) entre 250 et 270, fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre.
C'est au Xe siècle que le culte de Saint-Nicolas commença du fait qu'une relique du saint fut ramenée depuis Bari vers le Duché de Lorraine, et il fut édifié au Sud de Nancy une grande basilique dédiée au saint, à Saint-Nicolas-de-Port. Port étant une cité réputée pour ses foires et marchés, le culte de Saint-Nicolas se répandit très rapidement au-delà des frontières du Duché de Lorraine, et notamment outre-Rhin où la tradition demeure également très vive comme en Allemagne ou encore en Autriche.
Au Moyen-Age, alors que la Lorraine était occupée par la Bourgogne, le duc René II de Lorraine demanda la victoire à Saint-Nicolas. À la suite de la victoire de la bataille de Nancy (fête nationale de la Lorraine célébrée le 5 janvier), Saint-Nicolas deviendra le patron de la Lorraine et des Lorrains.
Jusque vers les années 1960, la Saint-Nicolas était pour les enfants une fête bien plus importante que la fête de Noël. De nos jours, dans certaines familles lorraines, la tradition des cadeaux se fait à la Saint-Nicolas et non à Noël, voire parfois aux deux fêtes. Dans toutes les villes, comme par exemple à Saint-Dié, le défilé de Saint-Nicolas est devenu une tradition au fil du temps, le premier samedi ou le premier dimanche de décembre. Parfois monté sur un âne, il est suivi du sombre père Fouett**d.
Une partie des attributs régionaux de Saint-Nicolas serait inspirée du dieu germano-nordique Wotan appelé également Odin. En effet, ce dernier est toujours accompagné de ses deux corbeaux « qui voient tout », et de son cheval Sleipnir, tout comme Saint-Nicolas est dans certaines régions accompagné de deux Zwarte Pieten et de son cheval.
Légende :
La vie et les actes de Saint-Nicolas sont entourés de légendes. L'une d'elle raconte le miracle des trois enfants :
Un jour, un paysan demanda à ses enfants d’aller dans les champs pour glaner les épis de blé laissés par les moissonneurs. Les heures passèrent et la nuit les surprit. Ils comprirent très vite qu’ils s’étaient perdus, mais ils continuèrent à marcher...
Soudain, l’un d’entre eux aperçut une lueur dans le lointain. Ils se dirigèrent dans cette direction et arrivèrent devant une maison isolée dans la campagne. Ils frappèrent à la porte et un homme de forte corpulence leur ouvrit.“ Pourriez-vous nous loger ? demandèrent les enfants.
- Entrez, entrez, petits enfants, répondit l’homme, je suis boucher et je vais vous donner à souper.”
Ce dernier profita de leur sommeil pour les découper en morceaux.
Sept ans plus t**d, Saint-Nicolas passa devant cette maison et demanda à souper.
“ Voulez-vous un morceau de jambon ? dit le boucher.
- Je n’en veux pas, il n’est pas bon !
- Peut-être une tranche de veau ?
- Tu te moques de moi, il n’est pas beau ! Du petit salé, je veux avoir, qui est depuis sept ans dans ton saloir !”
Le grand saint alla s’asseoir sur le bord du saloir, il leva trois doigts et les enfants se levèrent tous les trois.
En punition le boucher se vit contraint de suivre le Saint et devint alors le père Fouett**d.