25/01/2022
Le plaisir de ce petit dessin ; un plan, deux élévations de façades ; il n’en faut pas tellement plus pour présenter une architecture, pour présenter une idée.
Ce croquis n'est pas mon premier, ni même mon dernier et il n'est pas l'œuvre d'un architecte. Ce dessin c'est ma représentation personnelle de la vie, la représentation d’un rêve.
Depuis tout petit je crée des plans, façades ou maquettes de maison. Tu commences par prendre une craie et tu dessines des pièces sur le trottoir. « -Ici, c’est ma chambre et son grand lit, puis là, c’est la cuisine et la salle de bain… ». Ces envies que tu évoques sur le sol, elles te font rêver jusqu’au petit matin, celui-là même qui a laissé passer la pluie pendant la nuit. Tempi, aujourd’hui, je me raconterai une nouvelle histoire…
Ensuite, tu changes la forme, le rêve devient plus précis. Pour concevoir une maison il ne faut pas que le programme, on a besoin d’habitants et de tous un tas d’objets utile à la vie. Alors, tu prends les catalogues Laredoute ou 3 suisses, tu découpes dedans, choisissant les éléments d’une vie de rêve. Sur une grande feuille tu dessines le plan de la maison sur lequel tu colles le mobilier. Sur une autre page, la tête de l’ensemble des membres de ta future famille, après avoir bien pris le temps de les choisir en fonction des modèles disponibles.
Vient le temps des voitures, ces petits véhicules de collection que tu fais rouler et rouler sur le sol jusqu’à rayer le parquet. Le véhicule, qui est un élément indispensable aux déplacements, vient bouleverser ma perception. La maison devient alors « l’objet » comme lieu de stationnement de mes petites voitures. Mes conceptions jusqu’ici toujours réalisées en plan prennent du volume. Les feuilles cansons se plient à l’aide de ciseaux et de colle pour offrir une jolie forme concrétisant l’étape ultime de la création.
Avec le temps on grandit et pour moi le plaisir d’imaginer des lieux de vies ne s’amoindrit pas. Sur ce projet l’entrée principale pourrait ouvrir sur un jardin privé, une première étape vers une sphère semi-privée sans pour autant laisser entrer n’importe qui à l’intérieur. Là-bas, le papa pourrait cuisiner tout en ayant un regard sur sa voiture de collection, stationnée sous le préau. Puis, la maman pourrait tranquillement travailler dans le séjour, télétravail oblige, avec une vue profonde offerte sur le jardin. C’est toujours sympa de perdre les frontières entre le dehors et le dedans. Les enfants, on ne les oubliera pas, on les entend déjà crier depuis le salon à l’étage, grâce à la double hauteur ouverte sur le couloir d’entrée. Et s’il y a trop de bruit, ils pourront chacun monter un étage plus haut pour retrouver la sérénité de leurs chambres.
Des histoires comme celle-ci, il y en a à chaque coup de crayon. L’architecture n’est pas seulement une « jolie image » ou un besoin inconditionnel de faire « comme les autres », ou « plus grand », « plus beau ». C’est avant tout une histoire qui se raconte, puis qui se vie, au travers d’espaces s’entremêlent pour offrir ensuite une multitude d’opportunités de vivres.