05/10/2025
Votre facture de gaz a pris +102% en 9 ans : la spirale des prix expliquée (et ce n'est pas fini !)
Entre janvier 2016 et septembre 2025, la facture moyenne d’un foyer chauffé au gaz est passée de ~ 747 €/an à ~ 1 511 €/an, soit une hausse de +102 % (avec même un pic à 1 668 € en avril 2025).
Trois “actes” de la flambée des prix
Acte I (2021-2022) — choc des marchés
La reprise post-Covid et la guerre en Ukraine ont fait exploser le prix de la « molécule » (le gaz brut). La France, importatrice à ~ 99 % de son gaz, a subi fortement ce choc.
Le coût de la molécule a augmenté de +134 % pendant la période étudiée pour un foyer moyen.
Acte II (2021-2023) — intervention de l’État (bouclier tarifaire)
Pour limiter l’impact pour les consommateurs, l’État a instauré un bouclier tarifaire (coût total ~ 8,1 milliards d’euros). Cela a contenu la hausse à +26 % au lieu d’une augmentation beaucoup plus élevée anticipée.
Acte III (2024-2025) — “rattrapage” structurel
La fin du bouclier tarifaire a entraîné deux facteurs aggravants :
Rattrapage fiscal : l’accise (ex-TICGN) a presque doublé au 1ᵉʳ janvier 2024, contribuant fortement à la hausse des taxes sur la facture.
Coût du réseau / acheminement : les coûts fixes d’entretien du réseau (ATRD) sont répartis sur une base de consommateurs réduite (baisse de consommation), ce qui alourdit la facture des clients restants. En 2024 et 2025, les tarifs d’acheminement ont déjà subi des hausses.
Le cercle vicieux : baisse de consommation → hausse de coût pour les restants
À mesure que les clients abandonnent le gaz (transition énergétique, alternatives), les coûts fixes deviennent supportés par moins d’usagers, ce qui pousse encore les prix à la hausse pour ceux qui restent.
Même si la consommation était divisée par deux d’ici 2050, ~95 % du réseau de transport resterait nécessaire (d’après la CRE).
Conclusion pessimiste : la hausse n’est pas terminée
L’article suggère que la tendance est structurelle, et que les marges de manœuvre pour modérer la hausse sont limitées. Les reconfigurations fiscales, contraintes du réseau et effets de seuil rendent probable une poursuite de l’augmentation des prix.
Selectra