04/09/2026
« Je n’ai pas le temps. »
Je l’entends tellement ! Trop !
Dans la bouche des enfants.
Des adolescents.
Mais aussi, et peut-être surtout, dans celle des parents.
En entretien, ces phrases reviennent encore et encore :
« On n’a pas le temps. »
« Il faut faire vite. »
« On court tout le temps. »
« Il perd du temps . »
Pas le temps de lire.
Pas le temps de jouer.
Pas le temps de parler.
Pas le temps de respirer.
Pas le temps de réfléchir.
Pas même parfois… le temps d’être vraiment ensemble.
Alors je crois qu’il faut prendre cette phrase au sérieux, car nous avons tous 24 heures par jour.
Le temps, lui, cette construction humaine, n’a pas vraiment changé.
Ce qui a changé, c’est peut-être ce que nous lui demandons.
Tout faire.
Tout prévoir.
Tout optimiser.
Être performant.
Être disponible.
Ne rien manquer.
Avancer.
Ne surtout pas « perdre » une minute.
Et nos enfants regardent et ils voient des adultes qui courent, des agendas remplis, des journées minutées, des activités qui s’enchaînent, des devoirs à faire « vite parce qu’après il faut … ».
Alors ils apprennent.
Ils apprennent que le temps est toujours insuffisant.
Que l’on est toujours en re**rd sur quelque chose.
Que s’arrêter serait perdre du temps.
Et parfois même que chaque minute doit être utile !
À 8 ans.
À 10 ans.
À 12 ans.
On commence déjà à parler d’optimisation, d’organisation, d’efficacité…
Mais un enfant n’est pas une petite entreprise à optimiser.
Et je crois qu’il est temps de nous poser une vraie question, nous, les adultes :
Qui décide de mon temps ?
Bien sûr, nous avons des contraintes.
Le travail.
Les transports.
Les obligations familiales.
Les horaires scolaires.
Les impératifs du quotidien.
Tout cela est réel.
Mais entre « je n’ai aucune prise sur mon temps » et « je maîtrise tout », il existe un espace.
Celui du choix.
Choisir ce qui est vraiment important.
Choisir ce qui peut attendre.
Choisir de ne pas tout faire.
Choisir de ralentir.
Choisir parfois de ne rien faire.
Parce que le temps ne se trouve pas.
Il se décide.
Et je ne veux surtout pas culpabiliser les parents ! Je sais combien cette course peut être difficile à arrêter.
Mais si nous voulons des enfants qui grandissent avec un cerveau disponible, un corps qui sait se poser et un cœur qui a de la place pour vivre…
il faut aussi leur montrer l’exemple.
On ne peut pas demander à un enfant de ralentir quand tout, autour de lui, lui apprend à accélérer.
On ne peut pas lui dire « prends ton temps » tout en lui répétant « dépêche-toi ! » dix fois par jour.
On ne peut pas vouloir des enfants moins stressés tout en organisant leur quotidien comme une course contre la montre.
Alors, peut-être qu’il faut simplement dire :
STOP.
Pas tout arrêter.
Pas tout envoyer valser.
Mais s’arrêter suffisamment longtemps pour se demander :
Est-ce vraiment nécessaire ?
Est-ce vraiment maintenant ?
Est-ce vraiment important ?
Et parfois répondre : pas vraiment.
Parce qu’un enfant n’a pas besoin d’apprendre à optimiser chaque minute de sa journée.
Il a par contre besoin de temps pour jouer, rêver, s’ennuyer, parler, respirer, ne rien faire.
Pour être simplement un enfant.
Et nous aussi, d’ailleurs……. !
Alors aujourd’hui, essayons quelque chose.
Une minute.
Une seule.
On pose le téléphone.
On respire.
On regarde son enfant.
On se regarde soi-même.
Et on se rappelle que nous ne sommes pas obligés d’être les esclaves du temps qui passe.
Le temps passe.
Mais une partie de notre temps… nous appartient encore.
À nous de décider ce que nous voulons en faire.
Et peut-être que c’est cela, aussi, prendre soin de nos enfants : leur apprendre à habiter leur vie plutôt qu’à courir après. 🧘♀️