CNT 03

CNT 03 Un syndicat de combat, autogestionnaire, solidaire, anticapitaliste et internationaliste sans permanent! 1. sont aussi les nôtres.

La CNT, un syndicat indépendant des partis

Contrairement à d’autres organisations syndicales, la CNT ne roule pour aucun parti. Contrairement à d’autres, elle ne donne aucune consigne de vote ou d’abstention lors des élections présidentielles, législatives, régionales ou municipales (estimant que les individus sont capables de se déterminer librement). Contrairement à d’autres, elle applique le p

rincipe de l’incompatibilité des mandats syndicaux et « politiques » (au sens partidaire du terme) ; à la CNT, impossible par exemple d’être à la fois secrétaire du syndicat et d’un parti ! Contrairement à d’autres, elle place l’organisation syndicale au cœur du combat social et en fait un élément clef de son projet de transformation économique et politique… refusant ainsi aux partis (quels qu’ils soient) le droit de parler à la place des travailleurs, de diriger leurs luttes, d’incarner seuls l’alternative au système actuel. D’ailleurs, l’adhésion à la CNT ne se fait pas sur des critères purement idéologiques. Elle se fait sur la base d’une pratique fondée sur la démocratie directe (contrôle des négociations par les travailleurs eux-mêmes, délégués mandatés précisément en assemblée générale et révocables à tout moment, etc.) et sur la base de la lutte des classes (la CNT est un syndicat de combat qui s’interdit toute compromission avec le patronat et l’État). Ceci étant dit, si la CNT se méfie des partis (quels qu’ils soient) et si elle rassemble des travailleurs de différentes sensibilités, elle s’inscrit néanmoins dans le courant anti-capitaliste et anti-autoritaire du mouvement ouvrier. C’est ainsi que l’adhésion à la CNT se fait également sur la base d’un projet de transformation radicale de la société (mise en commun des moyens de production et de distribution, égalité sociale, autogestion…) ; un projet suffisamment clair pour éliminer le pouvoir de l’État, des patrons, des banquiers et des actionnaires, un projet suffisamment large pour fédérer les différentes facettes du syndicalisme révolutionnaire.
2. Un syndicat de combat, autogestionnaire, solidaire, anticapitaliste et internationaliste

Un syndicat : Parce que cette forme d’organisation – telle qu’elle a été définie par ses fondateurs et qui reste plus que jamais d’actualité – englobe à la fois le champ économique, politique, social et culturel. Parce qu’elle a écrit les plus belles pages de l’histoire du mouvement ouvrier. Parce qu’elle est directement issue du peuple et qu’elle représente au plus près ses intérêts. Parce qu’elle remet en cause le rôle dirigeant des partis au sein du mouvement social. Parce qu’elle offre une structure (solide et qui a fait ses preuves) sur laquelle s’appuyer pour lutter au quotidien et tenter, demain, de réorganiser la société. De combat : Parce que les syndicats réformistes sont englués dans la collaboration avec la classe dirigeante. Parce que l’État et le patronat ne se laissent pas convaincre par de belles paroles. Parce que les intérêts des travailleur.se.s s’opposent radicalement aux intérêts du capital. Parce que seule la lutte est payante (grèves, occupations, manifestations, boycott, etc.). Parce que les grandes avancées sociales n’ont été arrachées que dans l’action et la mobilisation. Autogestionnaire : Parce que les permanents syndicaux génèrent (inconsciemment ou non) la passivité et la bureaucratie au sein de leurs organisations. Parce que les décisions doivent être prises à la base par les syndiquée.s. Parce que nos délégué.e.s sont élu.e.s sur des mandats précis et qu’ils-elles sont révocables à tout moment par l’assemblée générale du syndicat. Parce que nous sommes soucieux de l’autonomie des syndicats locaux et respectueux du fédéralisme. Parce que nous préconisons l’auto-organisation des luttes (comités de grève, coordinations, etc.). Solidaire : Parce que les hiérarchies de salaires et de fonctions ainsi que les différences de statuts renforcent les divisions et l’égoïsme au sein de la population et s’opposent à la construction d’une société égalitaire et autogérée. Parce que seules la réflexion et l’action interprofessionnelles et intercatégorielles permettent d’éviter le corporatisme. Parce que les luttes des femmes, des chômeur.se.s, des précaires, des mal logé.e.s, des sans papiers, des lycéen.ne.s, des étudiant.e.s, des retraité.e.s, etc. Anticapitaliste : Parce que nous fabriquons toutes les marchandises et assurons tous les services, nous devrons alors les orienter pour le bien de toute la collectivité. C’est pourquoi le syndicalisme est porteur d’un projet de transformation sociale, économique et politique, un projet révolutionnaire. Internationaliste : Parce que si nos maux et nos combats n’ont pas de frontières, alors nos solidarités non plus.
3. N’autre syndicalisme

Notre syndicalisme ne néglige aucun terrain de lutte, mais le combat mené sur le lieu de travail reste pour lui essentiel car c’est là où la lutte des classes se fait avec le plus de clarté, c’est là qu’elle est assumée par la majorité des travailleurs, c’est là que l’individu sent réellement l’exploitation. A ce propos, vous trouverez quelques conseils pour vous organiser et lutter sur votre lieu de travail en allant sur cette page : www.cnt-f.org/59-62/formation-syndicale/

union-syndicat-revendications

Notre syndicalisme est né à la fin du 19ème siècle. Il est issu du courant anti-autoritaire de la 1ère Internationale. Ses caractéristiques générales ne varient pas quelles que soient les appellations qu’on lui donne : « syndicalisme révolutionnaire » ou « anarcho-syndicalisme ». La CGT a été marquée par son influence jusqu’en 1914. Actuellement, certaines organisations syndicales y font parfois référence mais seules la CGT-SR des années 1920-1930 puis la CNT de 1946 à aujourd’hui en sont les héritières directes. Il y a deux aspects fondamentaux dans notre syndicalisme : la préparation du changement social et l’action quotidienne ; deux voies parallèles qui en se croisant et en se confondant nous permettent de dépasser les contradictions issues parfois de notre pratique quotidienne. Comment notre syndicalisme envisage t-il le changement social ? Et tout d’abord, quels sont ses objectifs dans ce domaine ? Notre syndicalisme n’offre pas un modèle de société dans ses moindres détails, mais seulement quelques principes essentiels pour que la révolution ne dévie pas, pour que puisse s’installer une société que certains qualifieront « d’égalitaire et autogérée » ou de « communiste libertaire », peu importe les mots. Notre syndicalisme se distingue fondamentalement des autres écoles « socialistes » par le processus d’instauration de la nouvelle société. Considérant que la théorie du dépérissement de l’État est une stupidité conduisant à la recréation d’une société de classe et à un capitalisme d’État, il voit la préservation de l’acquis révolutionnaire dans la destruction immédiate de l’État et l’instauration d’un système fédéraliste, dans la disparition du salariat et de la hiérarchie sociale (ou tout équivalent de l’exploitation de l’Homme par l’Homme). Pour nous, l’État et tous ses attributs doivent être immédiatement détruits et remplacés dans un premier temps par les structures fédéralistes et autogestionnaires du syndicat ; qui elles-mêmes disparaîtront pour ne laisser survivre qu’une société fédérale fonctionnant du bas vers le haut par le bais des conseils de travailleurs et des communes libres. Les décisions seront prises par les citoyens de la commune et/ou les travailleurs du centre de production, de distribution ou de service et remonteront les échelons successifs, département, région, pays, selon que seront intéressés le département, la région ou le pays, pour être confrontées et discutées, et redescendront remaniées à fin d’approbation. Pour ceci, nul besoin de députés et d’assemblée nationale, de ministres et de président. Des délégués élus sur un mandat précis (et révocables à tout moment) ainsi que différents conseils de coordination et de gestion (avec des pouvoirs d’administration mais pas de décision) doivent suffire pour faire tourner une société moderne, si complexe soit-elle. Les hommes, égaux en pouvoirs politiques par le fédéralisme, doivent l’être au plan économique par l’abolition du salariat et de la hiérarchie sociale. A chacun selon ses besoins en fonction des possibilités de la production, à chacun selon ses capacités et ses aspirations, rotation des tâches ingrates dans la mesure du possible…

Voyons maintenant les moyens mis en œuvre pour parvenir à ce changement de société. Le syndicalisme que nous défendons n’envisage pas de faire la révolution à la place du peuple. Il ne lui fait que des propositions et l’invite à les faire siennes. La grande idée de notre syndicalisme, c’est la grève générale et la remise en route de l’économie et des services sous la gestion des travailleurs et de la société dans son ensemble. Cette théorie s’accompagne d’une préparation des travailleurs et de l’acquisition d’une pratique. En effet, l’un des rôles essentiels du syndicalisme est d’informer les travailleurs sur leur exploitation. Il explique les rouages économiques, le fonctionnement de la société capitaliste, la cause et le but de cette société. Cette tâche est dans une certaine mesure accomplie par les autres syndicats, mais ceux-ci limitent volontairement le champ d’explication et le passage de l’explication à la formation. Il ne suffit pas de publier des articles dans la presse syndicale ; il faut que ces articles soient discutés en section et en assemblée générale pour que tous les travailleurs s’y intéressent. Former des militants par des stages est une bonne chose, mais cette formation doit être donnée pour être répandue parmi tous les travailleurs et non pour la constitution d’une élite tenant et préservant un savoir. Dans les syndicats se créé la société future. Tout le monde doit prendre sa part de responsabilité. Il faut que chaque travailleur n’ait plus peur

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