29/09/2026
43 % des Français répondent « ça m'est égal » quand on les interroge sur leurs obsèques. Leurs enfants, eux, n'auront pas ce luxe.
Ce chiffre vient du baromètre que le CREDOC mène depuis 2005 pour la Chambre syndicale de l'art funéraire, auprès de 1 000 personnes de 40 ans et plus. Et il en cache un autre, plus troublant encore.
Parmi ceux qui n'ont laissé aucune instruction, 47 % disent y avoir songé, mais qu'il est « encore trop tôt ». Ils étaient 43 % à le dire en 2007, 42 % en 2014, 41 % en 2019.
Alors disons-le franchement : « trop tôt » ne devient jamais « le bon moment ». Il devient « trop t**d ».
Et ce jour-là, la décision n'a pas disparu. Elle est exactement la même. Elle est simplement prise par quelqu'un d'autre.
Voici ce que ce quelqu'un d'autre aura à faire, en six jours ouvrables.
Choisir une entreprise de pompes funèbres, sans repère de prix et sans avoir jamais comparé. Choisir un cercueil dans un catalogue. Trancher entre inhumation et crémation. Décider du lieu, de la musique, des textes qui seront lus. Réunir environ 4 500 € alors que vos comptes bancaires sont bloqués et que la succession prendra des mois.
Et par-dessus tout, deviner ce que vous auriez voulu.
Selon ce même baromètre, 68 % des Français désignent leurs enfants comme décisionnaires, 50 % leur conjoint. Ce sont eux qui feront ces choix. Un dimanche soir, souvent. Avec six jours devant eux.
La vraie facture n'est pas financière.
Ils choisiront. Ils paieront. Ils feront de leur mieux, et ils feront sans doute très bien. Mais pendant des années, ils se demanderont s'ils ont bien fait. Si vous auriez aimé cette musique. Si vous n'auriez pas préféré l'autre cimetière. Si ce n'était pas trop, ou pas assez.
Ce doute-là, rien ne l'efface. Et il est parfaitement évitable.
Maintenant, je voudrais vous proposer une autre façon de voir les choses.
Vous avez préparé votre retraite. Des années à l'avance, en mettant de côté pour une période que vous ne pouviez pas décrire précisément. Personne n'a trouvé ça morbide.
Vous avez peut-être vu un notaire, rédigé un testament, fait une donation à vos enfants. Personne n'a trouvé ça glauque.
Vous assurez votre maison contre un incendie qui n'arrivera très probablement jamais. Et vous ne vous levez pas le matin en pensant que votre maison va brûler.
C'est exactement le même geste.
Anticiper ses obsèques, ce n'est pas penser à sa mort. C'est refuser que le hasard et l'urgence décident à votre place. Et comme pour la retraite, plus vous vous y prenez tôt, plus vous avez de choix, et moins cela coûte : un contrat souscrit à 60 ans n'a pas le même prix qu'à 80, et un devis lu à froid n'a rien à voir avec un devis signé en 6 jours.
La seule différence, c'est que ce geste-là, vous ne le faites pas pour vous, mais pour eux 💚
Source : 6ᵉ baromètre CSNAF-CREDOC, « Les Français et les obsèques », mars 2024, 1 000 personnes de 40 ans et plus.