02/10/2026
Un zellige n'est jamais tout à fait plat.
C'est précisément pour cela que nous sommes allés les chercher au Maroc, en direct, chez des artisans qui les façonnent encore à la main. Chaque carreau a sa propre épaisseur, sa propre courbure, sa propre densité d'émail. Posés côte à côte par milliers, ces écarts minuscules font une surface qui n'est jamais uniforme et c'est de là que vient tout le reste.
Parce qu'une paroi irrégulière ne renvoie pas la lumière, elle la fragmente. Au-dessus du bassin, la verrière laisse entrer une lumière enveloppant ; il descend, touche les facettes vernissées, se brise, et l'eau en renvoie des éclats au plafond. Rien n'est fixe. L'atmosphère de la pièce change avec l'heure et avec le ciel de Paris.
Le reste suit la même logique. Le bejmat au sol, posé à la main, chaud sous le pied. Les parois basses d'un rouge profond, presque sombre, qui absorbent la lumière là où les voûtes claires la rendent. Le laiton des patères, le bois sculpté des portes, la découpe des appliques qui projette ses dentelles sur le mur.
Aucun carrelage industriel ne produit cela. Il serait plus régulier, plus rapide à poser, moins cher et parfaitement muet...
Entre Paris et la Méditerranée, quelque part hors du temps, dans la vapeur et la pénombre : la matérialité et révélée.