28/05/2026
Cinq.
Alexandra a du pousser la porte de cinq pharmacies du 10e de Paris pour dĂ©nicher des bĂątonnets de soins de bouche. Et presque Ă chaque fois, la mĂȘme question en retour : « des quoi ? »
Un dĂ©tail, me direz-vous. Sauf que ce petit bĂątonnet quâon humidifie pour rafraĂźchir la bouche dâune personne qui ne peut plus boire ni sâalimenter, câest lâun des gestes de confort les plus prĂ©cieux de la fin de vie. Quand manger et boire ne sont plus possibles, câest souvent tout ce qui reste pour soulager, apaiser, garder le contact.
Alors quand un soin aussi essentiel devient introuvable, et mĂȘme inconnu, dans cinq officines du 10 arrondissement de Paris, ça raconte quelque chose. Ăa dit que la fin de vie Ă domicile est devenue rarissime. Que mourir chez soi, ce souhait de 75 % des Français, se cogne encore Ă une sociĂ©tĂ© qui prĂ©fĂšre regarder ailleurs.
On a rangĂ© la mort Ă lâhĂŽpital, en EHPAD. On lâa sortie de la maison, du quotidien, de la pharmacie du coin. Au point de ne plus trĂšs bien savoir, collectivement, comment prendre soin des vivants jusquâau tout dernier moment.
Un bĂątonnet de soins de bouche. Câest trois fois rien. Mais sâil est Ă ce point introuvable, câest le symptĂŽme dâun dĂ©ni qui nous dĂ©passe tous. Vous, aussi, vous constatez ce vide dĂšs quâil sâagit de parler de la fin de vie ?
Source : Ipsos. Observatoire de la fin de vie 2025. Décembre 2025.