04/04/2023
Cela ne sert à rien d’être un "grammar n**i".
En tant que correcteur, on est parfois vu comme la police de la langue, attendant l’erreur à chaque coin de rue, et sautant sur le dos du moindre fautif. Or ce n’est pas le rôle des correcteurs. La plupart de ceux qu'on appelle des "grammar n**is" (ces policiers du langage que l’on croise sur les réseaux sociaux) ne sont pas du tout des experts de la langue française, et corrigent parfois des choses non fautives avec beaucoup d’aplomb, propageant plus d’erreurs qu’ils n’en corrigent. D'ailleurs, même s'ils peuvent parfois avoir raison sur le fond, ils ont tort sur la forme : il y a des manières de dire les choses si l'on veut réellement faire progresser les autres. Un vrai correcteur doute, vérifie, et s’il corrige, le fait avec pédagogie et bienveillance. Parce qu’il sait, lui. Il sait la difficulté du français, il connaît ses exceptions et ses pièges (et même pas tous en plus, tant il y en a), alors il a appris l’humilité. Il est humain lui aussi, il lui arrive de se tromper, il n’ira donc certainement pas faire la leçon aux autres avec condescendance. Certaines expressions fautives lui font peut-être grincer des dents, toutefois, il essaie de prendre les choses, si ce n’est avec philosophie, au moins avec patience. Après tout, l’usage peut prévaloir sur les règles, car la langue est vivante, elle évolue, et heureusement. Il faut l’accepter (nous n’avons de toute façon pas le choix) et s’adapter, trouver l’équilibre entre la rigueur et la souplesse. Et puis, un bon correcteur à d’autres choses à faire que passer son temps à corriger tout un chacun qui écrit des énormités sur Internet...