10/01/2025
J’ai commenté hier une publication sur une plateforme consacrée, entre autres, aux correcteurs. Un contributeur dont j’apprécie les billets, car ils me donnent du grain à moudre, y expliquait comment trouver un bon correcteur.
La démarche est louable et s’explique, car elle vient de la nécessité qu’il y a à faire son trou parmi des gens qui parfois n’ont de correcteurs que le nom à destination de particuliers qui cherchent un professionnel à qui confier leur(s) texte(s).
Dans l’édition, je n’ai pas ce problème, mais je me suis sentie obligée de réagir pour commenter un point de son post.
Il était question que la personne en recherche de correcteur fasse faire un test pour juger les interventions du correcteur. Je plussoie. Mais il s’agissait ensuite de voir que toutes les fautes sont corrigées.
Là, je m’insurge. Outre l’impossibilité qu’il y a à en juger, cela me fait bondir. L'idée du zéro faute m’horripile à plus d’un titre.
D’abord parce qu’elle entretient l’illusion que corriger une dictée et corriger un manuscrit serait grosso modo la même chose. Quand on corrige l’orthographe, on peut éventuellement dire qu’on a supprimé les fautes, mais quand on corrige tout le reste, les choses se corsent… au point de n’être pas possibles.
Quel manuscrit pourrait être déclaré exempt de fautes et parfait ?
Déjà pour ce qui est de l’orthographe, il faut savoir que les dictionnaires entre eux ne sont pas d’accord. Ajoutez à cela la ponctuation, la syntaxe, et l’on voit immédiatement que les interprétations et choix des uns ne seront pas nécessairement ceux des autres. Même en faisant au mieux, il y aura donc pour certains des fautes – qui n’en sont pas.
Par ailleurs, il est un point à prendre en compte. Si je relis un texte quinze fois, vingt fois, en espaçant les relectures, en variant les polices et les présentations, je finirai par avoir quelque chose de très convenable.
Mais ce ne sont pas les conditions dans lesquelles nous travaillons !
On nous paie pour un passage de relecture, deux éventuellement, au cours duquel ou desquels il faut parvenir à tout voir, en temps limité et à un rythme soutenu. Nous faisons au mieux dans le temps imparti, mais nous savons pertinemment , sauf à nous leurrer, que le résultat reste perfectible.
Un éditeur qui attendrait le zéro faute n’aurait clairement aucune idée de ce qu’est la correction (cela dit, j’en ai croisé), alors un non-éditeur je n’en parle même pas. Il faut toujours remettre les pendules à l’heure et tordre le cou à cette idée.
Il ne faut pas laisser croire à des « clients » que la perfection existe en correction. La quasi-perfection peut-être, mais alors il faut vraiment abouler les pépettes :) , pour que l’on prenne le temps, qu’on vérifie, revérifie, rerevérifie, etc.
À quiconque cherche un correcteur, il faut expliquer que l’on va apporter une plus-value indéniable au texte, mais, de grâce, abandonnons la notion de zéro faute !