04/06/2026
Mars 2008. Sur les routes des Balkans, une femme en robe de mariée lève le pouce. Elle s'appelle Pippa Bacca, artiste performeuse italienne. Son projet : traverser l'Europe en auto-stop, vêtue en mariée, jusqu'à Jérusalem, pour prouver que l'on peut faire confiance à des inconnus et plaider la paix.
Le 31 mars, près de Gebze, à 60 kilomètres au sud-est d'Istanbul, elle monte dans la jeep d'un certain Murat Karataş, à une station-service.
On ne la reverra pas vivante.
Le 12 avril, son corps nu, étranglé, en décomposition, est retrouvé dans des buissons.
Karataş commet une erreur. Il glisse la carte SIM de Pippa dans son propre téléphone. La police le localise. Il avoue le viol et l'étranglement, prétend avoir agi sous l'emprise de la drogue. L'analyse ADN raconte autre chose : un viol collectif. Les complices ne seront jamais identifiés avec certitude.
L'onde de choc traverse la Turquie et l'Italie. Le journal Hürriyet titre en une : « Nous avons honte. »
Une femme avait fait de la confiance une œuvre d'art. Un homme en a fait une tombe.