14/06/2026
Chronique des Égouts, du Coffret et de la Tête qui Cause Trop
Bon… comment vous raconter ça sans me filer un ulcère gros comme un jambon de Paviano…
Mes canailles se sont enfuies…
Pas “repliées stratégiquement”, hein.
Non.
Elles se sont carapatées comme des rats surpris dans une réserve de fromage.
Et, devinez un peu, par où sont-elles sorties du palazzo qu’elles cambriolaient ?
Ouais, je vous le donne en mille… par les égouts.
Ben oui… Les héros de la compagnie de Bastoni Labaffo, futurs princes du crime de Vortigue, expulsés comme des pezzo di m***a flottants dans les eaux puantes de la cité lacustre, foi de Labaffo, j’aurais jamais cru voir ça de mon vivant, et pourtant j’ai déjà vu un nain épouser une chèvre pour éviter des taxes.
Tout ça parce que, je cite « les propriétaires du palazzo sont rentrés plus tôt que prévu »…
Et là… panique générale.
D’après leurs explications — si on peut appeler ça des explications — il y aurait eu : une histoire de casseroles renversées, un énorme nain caché sous une table ; un poisson monstrueux dans une cuisine, et Gianicci ivre mort qui aurait tenté de se faire passer pour la bonne qui récurait des casseroles suspendues.
Personnellement, moi, je préfère ne pas poser de questions, parce qu’en Brancalonie, quand quelqu’un commence une phrase par « Alors techniquement, les soucis ont commencé après… »
Mais attendez… c’est là que les choses tournent au vinaigre, ou plutôt, au poison. Non.
À cette gnôle d’algues que boit Gianicci et qui pourrait décaper la coque d’une galère.
Parce qu’après leur fuite par les entrailles puantes de Vortigue, voilà que ces génies se retrouvent mêlés à une embuscade alors qu’ils croisent le Ponte Batardi : une embuscade digne d'un théâtre de marionnettes ensanglantées…ouais… écoutez bien… du grandiose… Des lutins.
Oui, des lutins qu’ils me disent… Des lutins pas plus grands que des bambinis mal nourris, habillés comme des arlequins de carnaval, qui tombent des toits comme des araignées hystériques pour attaquer un gros bourgeois escorté par des gardes en armure dorée.
Et quand je dis attaquer…Mama mia.
Les petits monstres ont : pendu un garde avec une corde ; poussé deux autres dans le canal ; poignardé le porteur du coffre et transformé le pont entier en foire à la noyade.
Forcément…
Mes canailles ont vu le coffre, et forcément…
Elles l’ont volé.
Peut-être qu’au fond elles ont un talent, finalement. Un talent pour attirer les catastrophes, très certainement, parce que le coffre finement décoré contenait…
…une tête momifiée.
Ben oui.
Une tête, posée sur un coussin de velours comme un vieux melon oublié sur son étal de marchand
Et la tête, ben, elle parle ! Oh, elle parle beaucoup même !
Elle hurle, elle insulte, elle ricane, elle chante même parfois.
Et surtout elle prétend être : « CARPENADO MALATESTA ! Sorcier suprême ! Sage immortel ! Visionnaire des enfers ! »
Personnellement, pour moi, ça ressemble surtout à un vieile figue desséchée avec trop d’opinions.
Mais attendez, c’est pas fini : La tête affirme appartenir à un maître.
Un sorcier terrible, cruel, un suppôt des ténèbres. Un monstre vivant dans une tour noire dressée sur les rochers maudits proches du Maelstrom de Vortigue, vous savez cet engouffre-tout qui gobe les navires sans dire merci, oui, le vortex géant qui avale navires, marins, contrebandiers et parfois même les dettes de jeu — ce qui est bien le seul avantage de cet endroit.
Et le nom de ce maître ?
TENEBRAXES.
Rien que le nom donne envie de ne pas le connaître…Et voilà , que cette saleté de tête promet monts et merveilles à quiconque la ramènera à son maître : de l’or ; des secrets ; des trésors et probablement une mort affreuse en supplément.
Et moi…
Moi j’espère simplement que mes abrutis de canailles réfléchiront à deux fois avant d’aller frapper à la porte d’un sorcier vivant au bord d’un gouffre marin infernal…
…mais connaissant mes testa di catso, Fulminante, Bella Fortuna, Gianicci et gigantico Farfalla sont probablement déjà en train de discuter du prix de la rançon autour d’un tonneau volé.
Brancalonia, c'était ce Vendredi 12 Juin avec forcément une table remplie de victuailles venues directement des différentes régions de Brancalonie, comme d'habitude on a bien mangé et bien bu et surtout beaucoup ri !