13/08/2022
L'interprétation en direct du JT n'est que la partie visible du travail. Pour 30 mn de direct, il y a deux heures de préparation. Pour ma part, ça se passe en 3 phases.
Phase 1 : en arrivant au bureau, on accède à la base de données partagée avec les journalistes. On accède à tous les textes en préparation et tous les reportages qui seront peut-être diffusés... La première phase consiste donc à identifier les sujets, et à se documenter.
Phase 2 : après avoir identifié les sujets, je repère tout ce qui pourra être spatialisé. Ça peut être étudier une carte topo pour définir le périmètre d'un incendie, d'une carte régionale pour situer le feu, ou une carte du monde s'il s'agit d'un pays étranger dont je ne connais pas assez bien la localisation. Par exemple, j'ai recherché la localisation en Ukraine de la centrale nucléaire qui a fait l'objet d'un bombardement (sujet non traité au final)... L'idée est d'avoir en tête des cartographies que je peux mobiliser rapidement si besoin est.
Phase 3 : travailler sur l'expression en LSF. Je recherche auprès de mon réseau la meilleure façon de nommer en LSF, les lieux, les personnes, les concepts. Le travail d'un interprète n'étant pas de choisir et d'officialiser certains signes, je m'arrange pour formuler avec plusieurs signes la même idée, chose ou lieu. Par exemple, pour "Bordeaux" j'ai décidé d'employer le signe standard national mais aussi le signe utilisé par les Bordelais eux-mêmes, qui est différent.
Une fois ces 3 phases de prépa réalisées, place au direct. La prépa peu être utile, ou pas. En cas de sujet "chaud", l'interprète est amené à improviser. C'est pour cela qu'au delà de la prépa spécifique au JT, je m'attache à connaître les sujets d'actualité... Pour ne pas tomber des nues lors de l'interprétation...
Voilà. Vous savez tout de ma démarche de préparation... Chaque interprète a ses propres stratégies, bien sûr.