16/02/2026
NAPAULÉON, LE ROI DES ESSANES EN ACTION
Essomilan est un regroupement de cinq (5) villages : Essong-essane, Minkene-essane, Andogue-assi-angonamvègne, Melene- Essabate et Mekome-essakak.
Il se situe dans le canton Sossolo-Ntem entre les rivières de sossolo au sud et Ntem au nord. Il est à huit (8) kilomètres du grand carrefour d’Ebomane, à dix-huit (18) kilomètres de la commune de Minvoul et quatre-vingt-seize (96) kilomètres de celle d’Oyem.
En son sein, il y avait un centre de soin surnommé Mbaffane monté en retrait dans la brousse du village Mbalmeyo (more asse à Bâle édzam déa Ayo ) avec pour principal hôte Meyong Boulada (Akigue Ondo Emmanuel).
Mbaffane était une sorte de petit village de soins avec, un temple, quatre (4) routes, vers le bas, un séchoir (étang) et un peu devant une baignoire construite comme un antomoire dénommée « Ngane » . Au centre du grand hangar il y avait un grand foyer capable de réchauffer tous les visiteurs et de servir aussi d’éclairage public.
C’est là que tous les gars du Regroupement venaient se retrouver chaque samedi soir pour se trouver un amour pour la vie parmi de nombreuses malades et leurs accompagnatrices venues d’ailleurs.
A cette époque ce regroupement de cinq villageds pouvait avoir cinq mille (5000) âmes avec tout ce qui existait comme distractions musicales. Ainsi, il était fréquent de voir quelqu’un d’un village voisin épouser une fille de celui de l’autre.
Dans tout ça il y avait la fameuse relation traditionnelle nommée AVOUSSO. Cet avousso donner la possibilité à tout membre d’une tribu de se permettre tout chez ses partenaires avousso sans crainte de mesures de représailles et même judiciaires.
En claire, il y avait les Essakak d’Endoume (Mekome), ceux de Binok et de Vema contre les Essane de Minkene, Essong, Mebolo, Oveng et Ayeguegning.
Dans tout ça Endoume (Mekome-essakak) étant le plus grand village du Regroupement avait pour avousso les Essiane d’Essong et Minkene qui, à eux deux formaient presque l’autre moitié des populations d’Essomilan. C’est pour cela qu’on voit des enfants de Mekome-essakak (Endoume) avoir oncles les Essiane de Minkene ou d’Essong et inversement.
C’est dans cette effervescence de masse humaine qu’un certain Nna Nguema, mane Essane ya Essong, alla épouser une certaine Bito'o-bi Allogo, Ngone Essabate ya Melene.
Ils eurent trois (3) :
- Ndong Nna,
- Okome Nna,
- Assogo Nna.
Après la mort l'a emporté.
Bito’o-bi-Allogo ne pouvant pas rester seule, le neveu Obame Nze prit la v***e en second mariage et de cette union NNA OBAME PAUL nait.
Pour des raisons qui lui étaient personnelles, mon grand-père maternel du nom de Jean Ndong Ayo, l’homme au coup de poing automatique déménagea de son lieu de naissance au milieu de ses proches parents pour aller emménager à Essong juste derrière la maison du maître Michel Mvele Obame. C’était en bas juste au bord du ruisseau. Nous étions quatre personnes seulement à occuper les lieux : Zen (Jean) Ndong Ayo, le grand-père, Eyang Minko Lucie « Yocie », la grand-mère, Essambo Ellang Gilbert le premier petit-fils et moi-même Endamane Ndong Michel, le second petit-fils.
On avait comme compagnon Ovone Mba et sa femme assegue-éyui. Le petit quartier en retrait s’appelait « Atteute ». Il fallait emprunter une petite piste pour y accéder juste derrière l’église catholique des Essanes.
De l’autre côté de la route il y avait les cases de Robert Essima Eya, le chef, Ellang Abouibore, le catéchiste et Mba Allogo puis une grandes piste qui donnait accès au village forestier de Mekome en passant par le village Essong avant de descendre sur la route.
Quand je naquis et commençais à découvrir le monde, je remarquai moui Paul Nna Obame entouré de beaucoup de ses frères presque de même génération : Ntoutoume Obame Bertin (Aba-aba Obame), Ndong Obame Omer, Mvé Obame Evariste, Nze Obame Jean-Claude, Allogo Obame Raoul (Lubin), Ondo Nguema (Ondo Zogo), Veka-Brice Nnang, Ondo Mvone Emmanuel, Nze Mvone, Ntoutoume Angouè Simon, Nguema Angouè Albert, Nnang Allo, Engourewaga Ndong, Allo Ndong, Nleme Ndong, Nna Ndong, Ayo Ndong, Allo Ella, Ako’o Ndazogo, Nze Eyegue, Biyogo Menie, Nnang Menie et beaucoup d’autres vaillants garçons.
Dans leur village perché en haut de la montagne, Essong paraissait détenir le grand nombre de garçons par rapport au centimètre carré.
Voilà à côté de son cadet Nna Ndong Mbome Petit-Jean « Nna-Gros Rudess, Nna Obame Paul qui évoluait à Essong-essane. Tout le monde l’appelait « Paul Nna-bame. Mais lui-même avait ajouté Léon à son nom s’appeler : Nna-Paul-Léon ce qui donnait le nom de Napauléon Bonaparte, le roi des Essanes.
Napauléon était un élégant homme. Il avait un teint beaucoup clair, de taille moyenne avec un corps athlétique. Et comme c’était coutumier à Essong, il savait jouer, chanter et danser tous les instruments de musique traditionnelle. Partout sur les pistes de danses il jouait au star N° 1. C’était phénoménal.
C’était donc par rapport à cela que je vouais une grande admiration pour lui. De son côté, plutôt que de m’appeler comme tous ses frères « Ayo Engo », le nom de mon arrière-grand-père dont je représentais le parfait sosie, il me surnomma « Awoute-ékiègne » (le foyer de fer). Je restais collé à lui. Je le suivais un peu partout.
Avec autant d’atouts naturels, le Don Juan des Essanes ne pouvait pas rester longtemps sans une âme sœur à ses côtés. C’est ainsi qu’il alla prendre la main de la belle jeune fille du nom de Nze Ella Jeanne du côté de Konossoville dans le département du Woleu à Oyem.
Ensemble, Ils eurent comme enfants :
- ELLA NNA Valérie,
- NDONG NNA Roland,
- BITO’O BI NNA Élodie,
- OKOME NNA Bénédicte.
A Endoume-nlam Eyeguezogo Ndzeng le chef des Essakak-Endume venait de mourir. Il fallait à toutes les populations du Regroupement et d’ailleurs venir lui rendre un hommage mérité. Comme cela les Avousso des Essanes se devaient d’être présents. L’enterrement étant déjà terminé, c’est la danse folklorique « Gnasse » qui devait prendre place. Une forte délégation des gens de Minkene et Essong avec à leur tête Napauléon investirent les lieux. Ce Gnasse là, ce sont les Essane qui devaient le conduire et c’est le Bonaparte d’Essong qui en était le maître de séance.
Jusque-là les gens entendait parler Paul Nna Obame en mouvement, ce jour-là les gens d’Endoume be Koukou-a-Mfegue devaient le vivre en direct.
C’est Sinon Ondo Nkogo, l’ancien combattant de dzal- Vema qui, avec son chasse-mouche à la main, devait conduire la danse avec Jules Ngui Obame, l’homme aux vingt-quatre doigts qui jouait au grand tamtam. Paul Nna Obame n’était là qu’un simple accompagnateur.
La danse venait à peine de bien débuter et se poursuivait tranquillement. On était à la quatrième sortie des danseurs.
Entretemps, Paul Nna Obame était passé tour à tour du petit tamtam au grand en passant par le long tambour sous les acclamations du public. Tout ce qui sortait de ses mains était invraisemblable. La danse venait de changer de vitesse. Sous son contrôle, la danse semblait avoir atteint le firmament. Certaines femmes qui étaient restées dans leur cuisine sortaient en catastrophe pour admirer l’extraordinaire garçon d’Essong parler avec le tamtam.
Simon Ondo Nkogo venait de se reposer pour laisser la place à Paul Nna Obame. Ainsi, torse nu, le dandy gars d’Essong entonna une série de chansons les unes plus impudiques que les autres. Là il n’y avait plus de tabous. Tout virait au-dessous de la jupe. Les Essanes et les Essakaks se livraient à une guerre des injures les plus sadiques.
Sur place, le gaillard d’Essong se livra à une danse extraordinaire qui ne laissa pas toute la gente féminine présente, indifférente.
Subitement il quitta le podium de danse pour se diriger vers les cuisines avec tous les gars de chez-lui au dos. Tout ce qu’ils trouvaient dans les paniers, ils le soulevaient et venaient le déverser à la cour de danse au rythme des chants. De part et d’autre de la route, il y avait des noix de palmes, de l’arachide, du concombre, du chocolat, du poisson fumé et bien d’autres condiments, tout ça sous les cris et pleures des pauvres bonnes femmes désemparées. Ils furent tout pour éviter les cuisines de leurs sœurs Essanes en mariage à Endoume.
Comme si cela ne suffisait pas le commando se jeta sur le plus gros bouc du village, l’attrapèrent et l’égorgèrent vif ainsi qu’un porc qui eut la malchance de passer au mauvais moment et au mauvais endroit. Tout ça sous les ovations des tamtam et des chants.
Cette partie, triste pour les uns et amusante pour les autres dura presque trente minutes. Puis Napauléon alla mettre fin à son exhibition.
La danse pouvait encore continuer, l’essentiel était déjà fait. Napauléon Bonaparte, le roi des Essanes est déjà passé. Toute la cour de danse était en fête. Le succès que l’imprévisible gars des Essanes eut là ce jour pouvait susciter des envies et surtout de son entourage immédiat. Je crois que l’origine du fameux mal qui l’a emporté serait parti de là. Nous qui avions des relations étroites avec les Essanes trouvions là un motif de fierté.
Quelques vacances scolaires après le fameux événement, ma mère Ngône Ndong Ayo m’informa que mon ami et parent Napauléon était mal en point et qu’il se trouverait du côté d’Esseng (Elarmitang 1) à Minvoul, le village de mariage de ma tante Mendome Evouna. Il me fallait aller lui rendre visite.
Arrivé sur place, c’est presqu’un moribond que je trouvais allongé sur le lit en bambous de la cuisine de sa sœur ainée Okome Nna Agnès voisine immédiate de song Mendome. Il eut la force de relever du lit puis s’assoir pour me causer ou même me dire au-revoir. Je lui remis tous les petits présents que j’avais pour lui et un peu d’argent. En retournant au village je compris qu’un grand malheur allait encore s’abattre sur Essong et partant tout Essomilan.
Derrière moi comme la situation ne faisait que s’aggraver et par soucis de survie, on l’emmena chez ses oncles maternels à Melene-Essabate pour le confier à son oncle Meyong Boulada. Mais celui-ci ne soignant que des vivants et non les morts ne put le sauver. En 1985 NNA OBAME PAUL est mort d'une courte maladie (empoisonnement) et il fut enterré sur place.
Quand sa femme a décidé d'aller chez elle. Elle a demandé à sa belle-sœur Agnès Okome Nna de venir l chercher les enfants, NDONG NNA, BITO'O BI NNA, et OKOME NNA. Mais Ella NNA était déjà à Konossoville. Il est parti avec leurs oncles juste après l'enterrement de son père. Ndong Nna Roland, hépatite b. Il est mort à l'âge de 17 ans en 1997 et Il est enterré à Elarmintang 1 (Esseng).
Moui Paul Nna Obame, tu as mené une vie joyeuse. Tu as apporté du bonheur à tous. Tous tes actes continuent de parler de toi en bien. Repose bien et que la terre te soit légère.
Nb : pour le bien de la postérité, prière d'envoyer la photo de l'intéressé.