20/04/2024
Nelson Mandela disait que l'éducation est l'arme la plus puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde. Et bien que le mot "arme" me dérange, il prend tout son sens dans le contexte actuel.
La violence.
Refuge de l'incompétence.
Dernier soubresaut d'une volonté - ou d'un désir- de se faire voir, entendre, valoir ou de montrer qu'on est le plus fort.
Dans notre monde rythmé par la comparaison, la compétition et ce jeu de "qui a tort et qui a raison", nous oublions parfois l'essentiel : notre humanité.
Celle qui se transmet par ces valeurs du vivre ensemble: le respect, l'attention, le prendre soin, le partage.
Cette transmission passe par l'éducation.
Car oui, un enfant apprend en observant, en répétant et en imitant les adultes qui l'entourent.
Et chaque jour, il en croise une multitude dans la vraie vie ou sur les écrans.
Que leur donne t-on à voir régulièrement? des incivilités, de la violence, de l'irrespect, l'immédiateté dans la facilité.
Que leur met-on dans les mains? des écrans pour avoir la paix, des jeux vidéos inadaptés, une liberté sans cadre et une part des responsabilités que nous devrions nous-mêmes prendre.
Alors vraiment, je m'étonne que l'on s'étonne de l'évolution de notre société.
Comment pourrait-il être autrement?
Nous récoltons ce que nous semons.
Considérer le monde qui m'entoure du point de vue de l'humain permet peut-être un éclairage différent sur ses besoins, les étapes de son développement et l'impact que vont avoir les pratiques éducatives sur lui.
Les neurosciences affectives et sociales déterminent qu'un cerveau humain "finit" de se construire vers l'âge de 25 ans.
Avant cela, le cerveau est malléable, fragile et ultra réceptif à ce qui le nourrit en terme d'exemples, de codes, de cadre, d'interactions interpersonnelles.
Ainsi l'adulte influence l'enfant par de ce qu'il donne à voir, à expérimenter, les valeurs qu'il transmet et l'attention qu'il accorde.
Il s'agit d'engagement et de responsabilités.
L'éducation demande du temps, de la patience, de la répétition et de la flexibilité pour permettre une croissance sécurisante, valorisante et soutenante.
Le monde d'aujourd'hui, fabriqué par les adultes, est le seul que les jeunes connaissent.
Nous pouvons le repenser, en gardant à l'esprit qu'il existe mille réponses possibles à la violence, que la violence elle-même.
Lorsqu'un enfant traverse la rue sans regarder et qu'il reçoit une claque pour lui faire intégrer le danger, l'enfant se conditionnera par la peur et la douleur.
Si le parent choisit de rester maître de lui-même, d'expliquer et de répéter le processus autant que nécessaire pour permettre à l'enfant d'apprendre à son rythme, alors le résultat sera forcément différent.
Et la "punition" ne sera finalement plus nécessaire.
La répression est à mon sens une voie discutable si elle n'a pas été précédée d'un processus d'éducation. Cela demande davantage de temps, de patience et d'engagement.
Réunion La 1ère ouvre le débat sur les violences urbaines. Comment encadrer les jeunes des quartiers? Et comment éviter que cette montée des violences aboutisse à la stigmatisation de certaines communautés de l’île?SOBATKOZ reçoit ce jeudi 18 avril 4 invités. Vous pourrez commenter en di...