17/04/2026
Une des règles d’or que je me suis promis d’observer fermement quand j’écris est de ne jamais supposer l’imbécilité du lecteur ou, pour être dans la positive, toujours supposer l’intelligence et la complicité du lecteur quand il me lit.
Il existe beaucoup d’élégance et d’anticipation dans le non-dit. Le monde baigne dans la franchise extrême et absolue, tuant ainsi toute possibilité d’évasion, de voyage dans ce que je décrirais comme l’interligne du texte.
Il ne suffit donc pas de rédiger en superflu, mais de rayer l’indésirable, le plus-que-nécessaire; il s’agit de créer une superficie créative au lecteur afin qu’il me rejoigne dans mon entreprise.
C’est d’ailleurs pour cette raison même que je me délecte dans la lecture d’un Murakami; abstrait, absurde jusqu’à l’extrême, il laisse au lecteur la liberté de se construire l’histoire—si l’on puisse dire, de l’écrire avec lui.
Cet abandon devient alors une invitation irrésistible à la lecture.
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